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 Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....

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ROCO
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MessageSujet: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Sam 29 Mar - 12:36

Les galoches

Durant la guerre nous les enfants n’avions pas les belles chaussures souples que vous avez, Adidas,Nike et les autres n’existaient pas et les chaussures que nous avions servaient chaque jour pour marcher ou faire du sport, nous les quittions qu’une fois rentré à la maison pour les remplacer par une paire de pantoufles souvent faites, débrouillardise oblige dans un morceau de couverture.
La seule paire de soulier de cérémonie était utilisée uniquement le dimanche pour aller à la messe ou pour les grandes occasions,nous en prenions grand soin et nous les quittions dés qu’il n’y avait plus de raison de se faire beau !!!!
Actuellement les parents qui ont des enfants se rendent bien compte qu’il faut souvent acheter des chaussures car les pieds des enfants grandissent très vite .
Les possibilités de l’époque étant très réduites nous recroquevillions souvent nos doigts de pieds pour pouvoir continuer à bénéficier de l’hospitalité de nos belles chaussures car hélas contrairement aux pieds elles ne grandissaient pas.

Dès l’automne 1940, le cuir fait l’objet d’une sévère réglementation. La France doit prioritairement fournir au Reich six millions de paires de chaussures à un moment où la production a bien du mal à atteindre huit à dix millions de paires de chaussures à semelles de cuir. Dans ces conditions, des bons d’achat sont institués par le gouvernement en janvier 1941 et il n’est plus possible à la population d’acheter une paire de chaussures sans être en possession de ces fameux bons. Cette pénurie la guerre finie dura encore longtemps et on dû faire revivre les lourdes et rigides galoches de nos anciens.

Les chaussures s’abîmaient surtout côté semelles et là une fois le trou fait n’ étaient plus utilisables c’est là que la galoche a retrouvé toute son utilité.
De petits artisans fabriquaient des « bois de galoches »et des « bois de sabots » Cela consistait à l’aide de gros outils coupants les "Paroirs" à fabriquer des semelles en bois, souvent en peuplier bois tendre facile à travailler, mais aussi dans les autres essences de bois plus dur .


Un type de Paroir.
Le crochet permettait de prendre appui au tour d'un anneau fixé sur l'établi et de faire bras de levier augmentant ainsi la puissance de coupe de la lame.
Ces semelles faites avec des gabarits, avaient peu de précision concernant les pointures et le jeu important donnait une grande liberté aux pieds. Tout le tour une saignée permettait au cordonnier de clouer le corps de la chaussure en cuir, dessous, pour éviter l’usure un morceau de tôle découpé dans des boites de conserve était cloué à l’aide de clous d’acier à la tête ronde ou trapézoïdale. On nous entendait venir de loin, car le bruit des chaussures sur la route,le ciment des préaux ou le parquet des classes n’était pas un « léger bruit » !!!
L’hiver par contre ,sur les glissades que nous préparions dans un coin de la cour de l’école ou dans des parties pentues du village,où nous nous retrouvions les jeudi après midi, entre copains, pour des concours de vitesse et de longueur de glisse, ces chaussures cloutées étaient d’une très grande efficacité comme patins à glace !!!. Les clous devaient souvent être changés du fait d’une usure prématurée dûe à ces nouveaux traitements pour lesquels ils n’étaient pas prévus !!
Ma mère suivant les idées de certains parents, avait cloué deux morceaux de vieux pneus en guise de semelles l’usure était bien réduite et la glisse aussi !!!
Lorsque la semelle en bois était usée ou cassée on reportait le tout chez le cordonnier, un autre voisin qui habitait quelques maisons plus loin du même côté de la route que nous , nous l’appelions affectueusement « Papichon »,Lui et le garde champêtre, « Jean Pé » notre autre voisin, qui avait un petit atelier où il fabriquait des bois de galoches , étaient très gentils avec ma mère et ne lui faisaient payer que faiblement leur production et leur travail.
Ainsi tant que la tige et le montant de cuir de la chaussure étaient bons on changeait les semelles.
Ces chaussures avaient un très gros avantage,de par le bois, elles nous isolaient du froid,de l’humidité, et les jours de grand froid une poignée de paille en guise de semelle intérieure améliorait encore la situation.
Pendant longtemps à l’orphelinat nous gardâmes ces chaussures ,réservant pour le dimanche la seule paire de chaussures aux semelles de cuir que nous avions , les faisant durer longtemps, recroquevillant nos doigts de pieds pour compenser l’augmentation de notre pointure jusqu’à ce que la douleur et les blessures nous obligent à les abandonner.
(à suivre)
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Daniel Laurent
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Sam 29 Mar - 12:58

ROCO a écrit:
(à suivre)
Nous suivons avec interet, mon ami.

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Cordialement
Daniel
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Sam 29 Mar - 22:02

Oui, merci beaucoup ROCO !
je suis impatient de lirer la suite ...
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MessageSujet: souvenir d'un enfants dans la tourmente (suite)   Lun 31 Mar - 13:01

Les bons points du Maréchal

Le maréchal Pétain dans les années 1941-1942 jouissait en" France profonde" de beaucoup de respect et n'était pas mal vu par la population Française .Respect que lui témoignaient les anciens de 1914 mais aussi beaucoup de parents.:
"N'avait-il pas signé l'armistice arrêtant ainsi des combats inutiles et évitant aux jeunes hommes du pays de se faire tuer" '
"N'y avait -il pas eu assez de morts à celle de 14/18 ?"
La population n'était pas entièrement remise des séquelles de la grande Guerre ,elle avait tous les jours la vision d'un grand père ou d'un grand oncle extropiés pour le restant de leur jours . La popularité voyait partout la preuve même sur les calendriers des postes que chacun était heureux d'avoir .


Tel était le sentiment de beaucoup de Français,avant que le pays ne se révolte et que certains courageux reprennent les armes.
Cette popularité s'arrêta nette dés le jour ou Pétain collabora avec les Allemands.

Aussi dans les écoles pour récompenser les "bonnes actions" ou les "très bonnes notes" les maîtres donnaient les "Bons points du Maréchal".
Les bons points longtemps perdurèrent et les "images " qu'on ramenaient de l'école étaient des moments de fierté pour nous enfants lorsque nous rentrions à la maison et une émulation dans le travail vis à vis des camarades de classe. Bien que purement honorifiques purement nous étions fiers de les collectionner.
Une amie m'a apporté des documents de la dernière guerre. Elle avait 7 ans en 1941 et était élève dans une école primaire..Dans ces documents il y avait les bons points gagnés je vous joins les photos de quelques uns, ils sont véritables ce sont des bons points d'époque je les ai eus entre les mains pour faire les photos.




C'était une autre période ...un autre temps!!! (à suivre)
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Lun 31 Mar - 14:18

Bonjour,
Pour ceux des membres qui ne connaissent pas ou peu Roco et peuvent etre intrigue de l'interet particulier qu'il temoigne pour cette periode, il faut savoir que son pere est mort le 5 juin 1940 sur le canal de l'Ailette. Orphelin des son plus jeune age, il a tente de remonter le temps sur les traces de ce pere dont il a ete prive precocement :
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/alferdguinet/Dossiers.htm

Il a eu le sentiment, et c'est normal, qu'il etait mort pour rien. La, je ne suis pas d'accord avec lui et j'espere que nos echanges passes l'ont convaincu :
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/juin40/Dossiers.htm

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MessageSujet: l'affaire des rutabagas   Mer 2 Avr - 1:12

"Tout à fait par hasard ce mardi matin jour de marché chez nous j'ai trouvé un Paysan qui vendait des .......Rutabagas ,les mêmes que ceux que cuisinaient ma Mère, Je n'en revenais pas, aussi j'en ai acheté un gros (800gr.) J'ai donc voulu faire connaître à mon épouse qui n'en avait jamais mangé et me suis mis au fourneau.
Je n'avais pas un mauvais souvenir de la cuisine de ma Mère et nous nous sommes régalés ,vous voyez en vous lisant tous, moi aussi j'ai voulu faire de la reconstitution ....à ma manière!!!

Voici la recette de ma mère pour les rutabagas ( la mienne avait peut-être un peu plus de matière grasse que a sienne)
- éplucher le rutabagas,et le couper en batonnets comme les frittes
- blanchir les bâtonnets durant 3 minutes en eau bouillante
- mettre dans une poële un morceau de beurre ,un peu d'huile et faire cuire le tout (pendant la guerre en ville certains qui n'avaient pas de beurremettaient du saindoux)
-saler
-en fin de cuisson mettre du gruyère et servir chaud
Essayez et vous verrez que ceux qui pouvaient manger de ce légume avaient tout de même beaucoup de chance.....de vivre à la campagne pendant la guerre.(même si le gruyère n'était que rarement là)
Avec du jus de viande c'est très bon aussi....et mon épouse au prochain rôti renouvellera l'expérience.!!!!
Alors vous aussi plongez vous dans "la reconstitution de la nourriture de l'époque" Essayez vous allez être étonnés!!!!!
Tout n'était pas aussi bon et j'ai une moins bonne opinion pour les topinambours .....même si de nos jours ,c'est la mode dans certains restaurants!!!!

bon appétit à tous
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Mer 2 Avr - 14:00

Bonjour,
Selon ce que m'en ont dit ma mere et ma grand-mere, le probleme avec les topinambours et les rutabagas n'etait pas dans leur gout, mais dans le fait que cela devenait tres lassant durant les periodes ou c'etaient les seuls legumes disponibles.

Imaginez-vous manger un jour carottes, un jour haricots, et on recommence a l'infini. Apres quelques semaines, vous revez de pommes de terre et de brocolis !

C'est ca, Roco ?

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Mer 2 Avr - 22:15

c'est exact le problème pour ceux qui habitaient en ville était là ,à la campagne on ne peut pas dire que l'on "crevait "de faim et on avait pas à aller au ravitaillement comme le faisaient mes tantes qui habitaient Lyon.
On arrivait surtout à avoir une nouriture relativement variée......qui était tout de même à base de pommes de terre ce légumes qui permet d'être cuisiné de tant de façons qu'on ne s'en lasse pas. Frittes,purée,gratin,cuite à l'eau avec du beurre,en ragout,en robe des champs,en soupe.....Alors les plus difficile ont le choix!!!!
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MessageSujet: un efant dans la tourmente (suite)   Ven 4 Avr - 13:04

Le couvre feu
Je me souviens enfant du jour ou le garde champêtre était passé avec son tambour pour lire l’arrêté municipal concernant le couvre feu. Il s’arrêtait tous les 50m , un roulement de tambour ouvrait le début de la lecture du message que les gens sortant de chez eux, venaient écouter dans la rue, un autre roulement de tambour annonçait la fin ;L’autorité militaire était bien sur à la base de ces consignes. Dés la nuit pour éviter aux avions le moindre repérage les lumières du village n’étaient pas éclairées et les fenêtres et portes des habitations devaient être calfeutrées pour éviter la moindre raie de lumière visible de l’extérieur. Il était recommandé de rester chez soi le soir.
Ma mère avait collé sur les vitres qui se trouvait au dessus de la porte d’entrée du papier bleu qui servait à recouvrir livres et cahiers. Les ampoules des lampes extérieures avaient été enlevées pour éviter que nous les enfants allumions les lampes.
Le soir elle tendait devant la porte et les fenêtres une couverture ainsi calfeutré, la lumière de l’intérieur de la maison ne passait point du tout dehors.
Une équipe du conseil municipal passait et contrôlait le tout demandant aux gens qui laissaient la lumière « s’échapper » d’ améliorer leur calfeutrage.Nous les enfants , qui avions déjà peur la nuit en tant normal, alors là, il faisait si noire dehors sans l’éclairage public, qu’il aurait fallu nous payer très cher pour que nous nous risquions à mettre le nez dehors !!!!
Je me souviens aussi que ma mère profitant du calfeutrage des couvertures, qui arrêtait le bruit, écoutait les messages sur le vieux poste de radio qu’elle ne sortait que le soir,le reste de la journée il était rangé dans une corbeille à linge recouvert de linge à repasser.


Type de poste de radio de l'époque celui de ma mère qu'elle sortait le soir était un peu plus petit.....
.Passez un temps en ville,surtout si l’armée d’occupation était présente, il était interdit d’écouter la radio. .A la campagne, chez nous, les miliciens faisaient bien la chasse aux postes,mais le risque était moins grand. Mais à cette époque on se méfiait de tout le monde, et ma mère ne voulait pas prendre le risque de se faire confisquer son poste la radio. Les seules rares voitures qui circulaient le soir étaient souvent celles des maquisards.
Cette période « noire » m’a beaucoup marqué car j’avais, petit garçon, une sainte frousse du noir. !!!!


Dernière édition par ROCO le Mer 9 Avr - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Un enfant dans la tourmente (suite)   Lun 7 Avr - 16:32

Le savon de guerre

Ma mère qui faisait des lessives pour les fermières qui n’avaient pas beaucoup de temps pour cette corvée et qui préféraient à l’époque travailler aux champs pour produire le maximum de denrées, beaucoup plus rémunératrices pour la maison.
Certains clients, quelquefois en amenant leur linge sale dans leur corbeille en osier, lui fournissait un morceau de savon mais le rationnement ne leur permettaient pas toujours de le faire. Aussi deux fois par an ma Mère fabriquait son savon.
Du fait que chaque année nous "mettions un cochon au saloir " cela lui permettait d’avoir abondance de saindoux qui servait à faire la cuisine mais aussi pour faire le savon.
Ce jour là, lors de la fabrication nous devions nous tenir à distance car cette opération était dangereuse et les risques de brûlures par projections étaient importants.
Ma mère mettait à chauffer dans une grande bassine le saindoux auquel une fois fondu elle incorporait de la potasse en poudre et de la soude caustique . Lorsqu’elle n’avait pas de potasse elle ne mettait que de la soude ou de sa potasse à Elle.
Après avoir bien mélangé le tout elle incorporait des morceaux de vieux savon qu’elle avait au préalable râpés ,c’était disait –elle des "germes" pour activer la réaction !!!
Elle avait aussi de la potasse liquide ,qu’elle faisait elle même en faisant passer de l’eau de pluie à travers de la cendre de bois dans une lessiveuse posée sur un trépied . Un morceau de couverture de laine plié en deux épaisseurs jouait le rôle de filtre et permettait à l’eau chargée de potasse de s’écouler lentement, par un tout petit trou fait
Il était nécessaire de freiner l’écoulement pour que l’eau reste le plus longtemps au contact de la cendre et absorbe le maximum de potasse.
Le produit obtenu était moins efficace que la potasse en poudre et le dosage très aléatoire compte tenu que la concentration était la grande inconnue du système, mais lorsqu’elle n’en avait pas le moment venu cela la dépannait bien !
Après avoir laissé bouillir le tout elle procédait au moulage du savon. Dans des cendriers de chaudière en fonte,bacs de 30cm X 10cmX 10 cm, qu’elle déposait les uns à coté des autres dehors sur le trottoir de la maison, elle versait le savon chaud dedans et laissait le tout refroidir une nuit. Le lendemain à l’aide d’un couteau elle faisait pour chaque bac 3 morceaux de savon de 10cm x 10cm x 10cm. Les morceaux étaient alors mis à sécher définitivement pendant 1 mois dans la cuisine sur une étagère fixée entre deux poutres du plafond au dessus du fourneau.
Une fois sec le savon qui était de couleur crème était utilisé pour la lessive.
Pendant cette période de guerre le système D était de rigueur et surtout indispensable!!!!(à suivre)
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Lun 7 Avr - 16:44

Très interessant, merci ROCO !
je ne connaissais pas cette façon de faire du savon ... scratch
Quant au poste Radio, bel engin !
Mon grand-père a encore le sien, mais qui date des débuts des années 50 plutôt.
Te rapelles-tu à quelle fréquence la BBC était diffusé, ou autre station "résistante" ?

j'attends avec impatience la suite ... Wink
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Lun 7 Avr - 23:49

non je ne m'occupais pas des fréquences de la BBC à l'époque lorsque ma Mère écoutait la radio le soir j'étais couché et j'ai su cela plus tard lorsque ma mère me l'a raconté et lorsque le poste pouvait être écouté tranquillement en....1945. J'avais alors 6 ans.
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Mar 8 Avr - 8:37

très intéressant, on en redemande. Du moins moi Very Happy
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Mar 8 Avr - 14:10

Bonjour,
Merci Roco. Recette du savon a mettre de cote, au cas ou...

Roco, ta mere allait-elle laver ce linge au lavoir ?
Ma grand-mere y allait toujours dans les annees 60 et j'ai eu l'occasion de l'y accompagner. Sacre travail !

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Mer 9 Avr - 20:47

NON il y avait au fond de notre jardin le ruisseau desservant les moulins qui fonctionnaient avec une roue à aubes et ma mère s'installait sur une grosse lauze( pierre plate d'ardoise) d'un m2 et rinçait son linge dans la rivière. Elle avait une planche à laver sur laquelle était fixé en bout deux pieux quelle plantait dans la riviere .Elle était à genoux sur la lauze et frottait son linge sur la planche.
L'hiver ses mains étaient bleues de froid.
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MessageSujet: Le Café de guerre   Mer 9 Avr - 21:08

Fabrication du « café de guerre »

Evidemment dans la pèriode de restriction le café était très rare on en trouvait un peu au marché noir où ceux qui en avait le gardait précieusement en monnaie d’échange, car le troc à l'époque était souvent de mise et plus la denrée était rare plus elle avait de valeur.
Ma Mère quelquefois lorsque la cliente en avait se faisait payer son travail en café. Il n’était pas grillé mais était vert.
Le café de « Guerre » était ni plus ni moins de l’orge que l’on faisait grillé dans des grilloirs à mains. Le grilloir était un cylindre de tôle muni d' une trappe coulissante pour avoir accès à l’intérieur et pouvoir le remplir. Il était utilisé à l’horizontal les deux extrémités possédaient un axe , qui d’un côté était prolongé par une manivelle. Le tout reposait sur une couronne de tole ayant deux paliers ,cette couronne prenait la place sur le fourneau des rondelles de fonte qui assuraient la fermeture du foyer.
Rempli d’orge on tournait la manivelle et le cylindre assurait ainsi durant sa rotation un grillage homogène des grains d’orge. Le tout dégageait pas mal de fumée et il était nécessaire d’ouvrir la fenêtre pour ne pas enfumer toute la cuisine ,on évitait de faire cette opération par grand froid !!!
Ma mère ajoutait à chaque « fournée » une tasse de grains de café vert pour améliorer l’arôme de son café de « guerre » !!!Une fois refroidi le « café » était stocké dans des pots en verre. Il fallait veiller à ne pas faire brûler les grains car « grillé n’est pas brûlé » disait ma Mère !!!
Voilà comment on exploitait le peu de vrai café qu’on gardait précieusement ,souvent caché, pour éviter les indiscrétions ou le vol !!Tous les deux jours ma mère faisait deux grandes cafetières de café nous avions la charge de moudre le grain dans le moulin à café fixé au mur dans la cuisine.



j'ai gardé en souvenir de cette période le moulin à café et une des 5 cafetières de ma Mère
En 2004 voulant vendre la maison maternelle , en débarrassant une grange où étaient empilés tout un tas d’objets hétéroclites dont nous ne connaissions pas la présence, nous avons découvert dans un sac de jute intact ,mais n’ayant plus d’odeur 5kg de grains de café vert qui dataient des Années 1945 / 1949 et que ma Mère avait cachés.et sans doute oubliés par la suite ;
C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons pensé à Elle . Ce produit rare avait sans doute été obtenu en troc ,contre un grand nombre d’heures de son travail, car notre pauvre Mère n’avait pas les moyens de se payer un tel produit. (à suivre)
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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Jeu 10 Avr - 14:27

Merci pour ces témoignages ROCO. Je suis en retard, mais c'est parce que je les avais déjà lu ailleurs...

Depuis peu, quand j'en ai l'occasion, j'interroge ma mère sur ses souvenirs de guerre (elle est née en 1938).
Une des anecdotes les plus "spectaculaires" est celle-ci: Juste avant - et au début de la Bataille des Ardennes, les locaux de l'entreprise familiale étaient occupés par une unité de maintenance qui réparait les véhicules américains, et la maison de mes grands-parents servaient de QG à un Etat-Major américain (bien qu'elle ne sache plus très bien si c'était avant ou après le 16 décembre 44).
Ma mère, qui avait donc presque 7 ans à l'époque allait rendre visite aux soldats américains (deux de ceux-ci l'avaient pris sous sa protection) pour aller chercher sa dose de chocolat (ou de bananes, qu'elle a essayé de manger la première fois avec la peau, n'en ayant jamais vu auparavant...). Pour les rejoindre, elle devait traverser les hangars. Et au début de l'offensive Von R., ces hangars servaient à entreposer les morts, complètement gelés. Elle traversait donc cet endroit tous les jours, passant entre les piles de cadavres... Un jour, elle revint près de ma grand-mère et lui dit: " Il y a beaucoup d'Allemands morts aujourd'hui."
- Ah, lui répond ma grand-mère, comment sais-tu ça?
- Eh bien, Eddy m'a expliqué: quand c'est des Américains, ils les rangent avec les mains, et quand c'est des Allemands, ils les rangent avec les pieds... Aujourd'hui ils les rangeaient tous avec les pieds...
Apprenant que sa fille passait par là, ma grand-mère lui somma alors de prendre un autre chemin pour aller rendre visite à ses amis américains...

Ma mère se souvient des noms de ces deux GIs (j'ai une photo de l'un d'entre-eux). Ils ont été envoyés en première ligne et sont partis en pleurant, comme des gosses qu'ils étaient. Ils avaient promi de donner des nouvelles. Jamais ils ne l'ont fait... Je tente depuis quelques mois de retrouver leurs traces, mais c'est très difficile... Si quelqu'un....

Cordialement.

Et, ROCO, n'hésite pas à nous mettre la suite, je ne m'en lasse pas.

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Jeu 10 Avr - 15:04

Bonjour,
LSR, quand tu auras retrourve les traces de ta grand-mere, cela aurait tout a fait sa place ici :
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/femmes/menu.htm
Merci d'avance !

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Jeu 10 Avr - 17:24

Daniel Laurent a écrit:
Bonjour,
LSR, quand tu auras retrourve les traces de ta grand-mere, cela aurait tout a fait sa place ici :
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/femmes/menu.htm
Merci d'avance !

Non, Daniel, il s'agit des souvenirs de ma mère (elle m'a eu à 40 ans, fais le calcul - The sweet 70s , "On ira, où tu voudras, quand tu voudras lol!). Ma grand-mère est décédée il y a un peu plus d'un an, quelque deux ans après mon grand-père. Heureusement, j'ai eu l'occasion et l'inspiration heureuse de les questionner sur leurs souvenirs concernant cette période; trop tard pour tout savoir malheureusement (on pense trop facilement que les grand-parents sont éternels: on les connait depuis si longtemps...).
Mais j'en sais peu sur mes grands-parent en mai 40. Je sais qu'ils ont fui comme beaucoup d'autres en France (durant la Guerre de 14, leur village a été incendié par les Allemands + le reste). Ils se sont retrouvés dans le sud de la France (Nice)... non sans avoir été entre-temps dépassés par les Allemands. Mon grand-père m'a affirmé un jour qu'il avait participé à la construction d'une piste d'atterrissage dans les environs de Nice, mais cela a été infirmé par ma grand-mère... Qui avait perdu la mémoire, je ne le sais pas... Constatant la tournure des évènements, il sont revenus au bercail.
Quelle bêtise j'ai fait: je ne les ai pas interrogés plus tôt sur ces évènements. Juste avant de mourir, mon grand-père m'a surtout parlé de la Guerre de 14 (il est né au début du siècle). J'ose la petite digression au sujet de la Grande Guerre. C'est la première et dernière fois que j'ai vu mon grand-père pleurer (j'avais 24 ans): la peur des Hulans qui refaisait surface, plus de 80 ans plus tard! Lors de cette guerre, en 1916 si mes souvenirs sont bons, il trouva par terre une grenade, genre fumigène ou que sais-je, et, c'était encore un enfant, la "tripota". Elle explosa; le rendant aveugle. Heureusement, son village (le même que celui de mai 1940) abritait une garnison allemande dans lequel se trouvait un médecin militaire allemand. C'est lui qui à force de soins lui rendit la vue. C'était un vieux monsieur qui devait provenir de pas loin de la frontière allemande et qui maudissait la guerre, déjà...

Une autre petite, anecdote (c'est une exclusivité pour ce forum, je n'en ai jamais parlé avant ailleurs; je vieillis sans doute):
Lors de l'occupation du Luxembourg belge, durant la Deuxième Guerre mondiale. Ma grand-mère, qui était un forte tête, une tiestue bourrique comme on dit en Gaume, eut la mauvaise idée d'arborer une "épinglette" comme on appelait ça à l'époque qui disait à peu près : "Demain ça ira mieux", maxime inscrite sous un drapeau belge. Bien entendu, les hommes de la Kommandantur du coin le remarquèrent et ma grand-mère fut embarquée illico presto (quand je vous dis qu'elle avait du caractère) dans une voiture de la Gestapo (je ne suis pas sûr que ce soit de la Gestapo dans cette campagne belge, mais bon, vous aurez compris). Heureusement, l'instituteur du village, qui passait par là et qui avait assisté à la scène eut le courage d'intervenir en lancant ces paroles salvatrices: "Il y a des subtilités de la langue française que des Allemands ne peuvent pas comprendre"... Il faut croire que le reste de son argumentaire fut très convaincant (je n'en connais pas le contenu), car ma grand-mère échappa à ses agresseurs et put regagner son logis, toute heureuse de voir ensuite ensuite les Allemands décamper du sud du Luxembourg belge, et totalement anéantie le jour où elle vit, par la fenêtre de sa cuisine, un blindé, allemand sans aucun doute, s'approcher des méandres de la Semois, un beau matin de décembre 1944....

Merci à tous ceux qui auront lu jusqu'au bout. Ceci et un modeste hommage à tous ceux qui ont vécu et, pour certains en sont morts, cette tragique période.

Et encore merci à ROCO de nous faire partager ses souvenirs.

J'en profite encore pour vous faire partager un souvenir - bien qu'il soit un peu hors de propos: la mère de mon père, qui portait le même nom de famille qu'un grand compositeur allemand (très apprécié d'Adolf... Vous l'aurez reconnu...) et qui habitait dans la région d'Arlon (encore très germanophone à l'époque) "recueillit" (contrainte et forcée) des soldats allemands fin 1944. Comme elle parlait allemand, tout comme la plupart des habitants du coin à l'époque, elle eut l'occasion de discuter avec ses locataires forcés. Dont un, qui devait avoir 15 ou 16 ans, fier soldat de la Wehrmacht, qui... pleurait comme l'enfant qu'il était, et demandait sa... Mutti... dans les bras de ma grand-mère (l'autre, si vous avez bien suivi lol!). Le IIIe Reich avait raclé les fonds de tiroirs pour sa dernière offensive à l'ouest. Pour certains, des gosses qui habitaient à à peine quelques dizaines de kilomètres des populations (pour certaines germanophones et -philes) qu'ils étaient sensés traiter "sans aucune pitié".
Cf. les massacres perpétrés par des unités allemandes sur des populations belges pourtant germanophoes et souvent germanophiles. Quelle bêtise que la guerre!

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'un enfant dans la tourmente.....   Ven 11 Avr - 0:38

tu dois en avoir encore à raconter moi ça va se terminer.
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MessageSujet: Un enfant dans la tourmente (suite)   Mar 15 Avr - 9:42

Les rafles
Nous habitions à l’époque en face du garde champêtre du village et souvent les maquisards faisaient halte chez lui. Cela ne manqua pas d’intriguer pas mal de gens et bien entendu d’émettre des tas de choses à son encontre ,choses justes ou fausses…. La délation battait son plein à cette époque !!!
.Un matin nous étions encore dans notre chambre lorsque des voix fortes se manifestèrent dans la rue. Sans soulever le store qui couvrait la fenêtre nous regardâmes ce qui se passait. Nous vîmes alors deux tractions noires arrêtées devant chez le voisin,les maquisards d’habitude ne faisaient pas de bruit,aussi intrigués ,avec notre Mère nous restâmes en observation derrière notre store. Notre stupéfaction fut grande lorsque nous vîmes le garde monter dans une voiture encadré par 4 hommes vêtus de manteaux de cuir et de chapeau noir pour 3 et d’une veste de cuir marron pour le chauffeur , 4 autres habillés de la même manière arrivèrent et montèrent dans l’autre voiture et tout ce monde quitta les lieux.
Ma mère nous expliqua que ces gens étaient de la milice et de la Gestapo,des français qui travaillaient pour la police allemande.
Nous nous rendîmes chez notre voisine qui nous gardait souvent lorsque notre Mère avait à faire,elle était abattue et pleurait en pensant à son mari qui était entre les mains de la milice.
Elle avait la joue rouge suite à un gifle qu’un milicien lui avait donnée pour impressionner son mari. Notre Mère essaya de la consoler tant bien que mal.
A 14 h notre voisin réapparu sans avoir subi le moindre sévices ,il avait été emmené avec tous les gens de son âge qui faisaient partie du conseil municipal dans un village voisin où il avait retrouvé d’autres personnes ayant les mêmes fonctions dans d’autres villages. Ils furent mis contre un mur et interrogés debout pendant trois heures durant ,face au canons des mitraillettes dont les miliciens manoeuvraient sans cesse les culasses pour les impressionner. La milice voulait savoir où se trouvait un camp du maquis soit disant chargé des subsistances des différents maquis de la région.
Malgré les menaces de mettre le feu aux villages qui soutenaient les « terroristes » personne ne parla, tous les gens arrêtés ce matin là avaient au minimum 60 ans et les miliciens pensaient sans doute qu’il serait plus facile de les faire parler.
Les tractions ramenèrent tous ces gens et les déposèrent sur la place du village leur laissant le soin de regagner seul leur maison où on était venu les chercher ,ce qui fut très bien accueilli ……ils étaient restés que trop longtemps déjà avec ces brutes ……
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MessageSujet: La voiture des Maquisards   Sam 19 Avr - 11:56

Je me suis longtemps amusé avec mon frère à jouer aux maquisards,nous avions équipé une poucette à deux places et imitions avec nos Sten en bois, peintes en noir ( c’était le jouet à la mode en 1944/1945) la voiture des maquisards.Nous habitions en face du garde champêtre et souvent les gens du maquis dont certains étaient de notre village venaient le voir.Nous étions très intéressés par ces voitures, pour la plus part des tractions avant citroën.
Un jour ou les allemands devaient emprunter la nationale 75 (après le débarquement de Provence )une traction noire s‘est arrêtée chez notre voisin un court instant, elle partait pour aller faire le coup de feu au col du Banchet. Sur le côté des portières avant étaient peintes en blanc les insignes des FFI : la croix de lorraine. Le haillon arrière qui contenait la roue de secours comme toutes les tractions Citroën,était ouvert à l’horizontal les sièges arrières avaient été enlevés. Deux FFI étaient couchés à plat ventre sur le plancher et servaient un fusil mitrailleur reposant sur le haillon :c’était l’ « automitrailleuse » des maquisards .
J’ai gardé toute ma vie cette vision insolite faite de débrouillardise, c’est le souvenir le plus vivace que j’ai de cette période.
Chaque fois que je lis ou j’entends le mot maquis cette image m’apparaît immédiatement,elle est gravée en ma mémoire comme sur un disque dur.
Ce même jour par mesure de précautions on nous avait demandé de quitter le village, les allemands pouvant y venir et faire des représailles,la Nationale 75 ne passant qu’à 3km du village. Souvent lorsque le maquis attaquait une patrouille il y avait des représailles sur la population jugée responsable de l’aide aux « terroristes »On nous avaient demandé de laisser les portes ouvertes ,les allemands soit disant brûlaient les maisons où ils ne pouvaient pas entrer.
Nous avons pris la petite carriole aux roues cerclées de fer, qui nous servait pour aller à notre terrain où nous cultivions quelques légumes,mis dedans des vêtements,un peu de nourriture ,pris avec nous nos deux chèvres,notre chien ‘’Loulou’’ et nous sommes partie dans les bois avec les autres voisins. Lapins, volaille et cochon ne pouvant pas faire partie de l’expédition restèrent……..pour garder la maison !!!
Ma Mère avait caché un peu d’argent dans différents endroits en particulier dans une statue de St Antoine qu’elle avait dans sa chambre, elle oublia cette cachette et retrouva cet argent plus de 5 ans après lorsqu’il n’avait plus cours,alors qu’il lui aurait tant servi dans les moments difficiles des restrictions.
Le convoi Allemand ayant passé sans s’arrêter,l’alerte fut levée par un maquisard qui vint nous prévenir dans le bois où nous nous étions groupés pour passer la nuit.
La nuit se passa bien au chaud dans nos maisons ce qui ne fut pas plus mal pour les gosses que nous étions ……


La traction avant Citroên ....la voiture de l'époque.Ici équipée en gzogène.
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